Trait de côte : le front de mer paie-t-il l’érosion ?

Risques et prixSources : DVF, Cerema, ministère de la Transition écologique

Nous avons situé les 436 132 ventes de logements à moins de 2 km de la côte métropolitaine, de 2021 à 2025, par rapport au rivage, à son érosion et à l’inscription de leur commune sur la liste « trait de côte ».

+34,0 %Prix d’un logement à moins de 50 m du rivage, par rapport à 1 à 2 kmMême commune, trimestre et section cadastrale
−0,1 %Près d’un rivage en recul de 0,25 à 1 m par an, par rapport à un rivage stableIntervalle −3,7 % à +3,7 %
−0,3 %Variation de l’écart de prix près du rivage après l’inscription de la communeIntervalle −2,2 % à +1,6 %
304Communes inscrites étudiées, sur 320 en métropoleDécrets de 2022, 2023, 2024 et 2026

Près du rivage, les logements se vendent nettement plus cher

Dans la même commune, le même trimestre et la même section cadastrale, un logement à moins de 50 m du rivage se vend +34,0 % par rapport à un logement situé entre 1 et 2 km ; entre 100 et 200 m, +14,7 %. Ce gradient décrit le marché ; il ne mesure pas l’effet causal de la proximité de la mer, car des caractéristiques non observées (vue, âge, usage en résidence secondaire) changent avec la distance.

0 %+5 %+10 %+15 %+20 %+25 %+30 %+35 %+40 %0 à 50 m50 à 100 m100 à 200 m200 à 300 m300 à 500 m500 à 1000 m
Écart de prix par rapport aux logements situés entre 1 et 2 km du rivage. Traits : intervalle de confiance à 95 %.

L’érosion ne se lit pas de façon mesurable dans les prix

Ventes à moins de 300 m du rivage, comparées à distance égale de la côte. Près d’un rivage en recul, les prix ne se distinguent pas de ceux d’un rivage stable, mais les intervalles sont larges : près des rivages en fort recul, une décote allant jusqu’à 13 % ne peut pas être exclue. Ces rivages sont souvent des plages, dont l’attrait peut masquer la menace.

Rivage le plus procheTous logementsIntervalleMaisonsAppartementsVentes
Recul de 0,25 à 1 m par an−0,1 %−3,7 % à +3,7 %−1,6 %+0,4 %5 564
Recul de plus de 1 m par an−3,9 %−13,0 % à +6,1 %–−8,4 %387
Avancée d’au moins 0,25 m par an+1,8 %−0,7 % à +4,4 %−2,6 %+2,4 %10 560
Taux non calculé (ouvrages…)−0,6 %−2,6 % à +1,4 %−1,6 %−0,6 %36 695
Sans indicateur−3,1 %−6,8 % à +0,7 %+0,9 %−3,9 %29 710
Indicateur d’un autre rivage−4,2 %−7,8 % à −0,5 %−2,9 %−4,5 %7 777

Référence : rivage stable (moins de 0,25 m par an dans un sens ou dans l’autre, incertitude minimale indiquée par le Cerema). Indicateur national de l’érosion côtière, par carrés de 200 m, comparant deux traits de côte séparés de plusieurs décennies. « – » : moins de 200 ventes. Les logements proches d’un rivage sans indicateur (ports, falaises, côtes non suivies) se vendent un peu moins cher que ceux proches d’un rivage stable : la référence, souvent des côtes sableuses suivies, est elle-même recherchée, ce qui invite à lire ces écarts avec prudence.

Aucune baisse mesurable près du rivage après l’inscription de la commune

Après l’inscription de la commune, l’écart de prix entre les logements à moins de 200 m du rivage et ceux plus éloignés de la même commune a varié de −0,3 % (−2,2 % à +1,6 %) par rapport aux communes littorales jamais inscrites, de −0,2 % (−3,6 % à +3,3 %) par rapport aux communes inscrites seulement en 2026. Moins de 4 % de ces ventes sont près d’un rivage en recul ; pour celles-ci seules (décret de 2023 uniquement, faute d’effectifs), +0,8 % (−3,5 % à +5,3 %). En écartant l’année précédant l’inscription, période de délibération des communes, une baisse allant jusqu’à 4 % ne peut pas être exclue.

−4 %−3 %−2 %−1 %0 %+1 %+2 %+3 %+4 %Décret de 2022Décret de 2023Décret de 2024Ensemble, témoins jamais inscritsEnsemble, témoins inscrits en 2026
Variation de l’écart de prix entre les logements à moins de 200 m du rivage et les autres, après l’inscription. Traits : intervalle de confiance à 95 %.
VarianteÉcartIntervalle
À moins de 100 m du rivage−0,1 %−2,6 % à +2,4 %
Près d’un rivage en recul (décret de 2023)+0,8 %−3,5 % à +5,3 %
Écarts-types par département (26)−0,3 %−2,1 % à +1,6 %
Sans l’année précédant l’inscription−1,2 %−4,1 % à +1,7 %
Sans Marseille−0,4 %−2,4 % à +1,7 %
Sans Nice−0,1 %−2,0 % à +1,8 %

Année par année autour de l’inscription, aucun écart ne se dessine avant (p = 0,63) ni après. L’inscription engage une procédure de plusieurs années : les effets sur les logements existants passent par la carte locale d’exposition, une fois adoptée (information des acquéreurs, droit de préemption). L’étude mesure l’effet de l’inscription, pas celui d’un zonage adopté.

La comparaison de communes entières n’est pas interprétable

Avant leur inscription, les prix des communes inscrites évoluaient déjà différemment de ceux des autres communes littorales (p < 0,001). Les communes se portent volontaires : on ne peut pas comparer leurs prix à ceux des autres communes. Seule la comparaison au sein de chaque commune, près du rivage contre plus loin, est retenue.

Méthode

Ventes. Ventes d’un seul logement de 2021 à 2025 (DVF), situées par le centroïde de leur parcelle à moins de 2 km du trait de côte du Cerema (côtes rocheuses, sableuses, vaseuses ou artificialisées, hors berges d’estuaires et de cours d’eau).

Comparaison. Régression du logarithme du prix sur les caractéristiques du logement, avec un effet fixe par section cadastrale et par commune et trimestre. Pour l’inscription : triple différence par décret, entre les logements à moins de 200 m du rivage et les autres, avant et après l’inscription, dans les communes inscrites et dans des communes témoins jamais inscrites ou inscrites seulement en 2026. Écarts-types groupés par commune ; agrégation prudente des décrets.

Limites

  • Indicateur ancien. L’indicateur national (édition de 2018) décrit une tendance sur plusieurs décennies, ni les épisodes récents ni les projections.
  • Peu de ventes exposées. Les rivages en fort recul comptent peu de ventes : les intervalles sont larges.
  • Annonce, pas zonage. Les cartes locales d’exposition ne sont pas rassemblées dans une base nationale.
  • Champ. Littoral métropolitain, hors Alsace et Moselle (absentes de DVF).

Télécharger les données

Fichiers CSV en UTF-8, séparateur virgule, point décimal. Licence Ouverte 2.0 (Etalab). La note de méthode décrit chaque colonne, chaque étape et les contrôles.

FichierContenuTaille
cote_distance.csvÉcart de prix par bande de distance au rivage1 ko
cote_erosion.csvÉcart de prix selon l’érosion du rivage le plus proche2 ko
cote_decret_cohortes.csvEffet de l’inscription sur la liste « trait de côte », par décret et groupe de témoins2 ko
cote_decret_variantes.csvVariantes : à moins de 100 m, rivage en recul, écarts-types par département, anticipation, sans Marseille, sans Nice4 ko
cote_decret_evenement.csvÉtude d’événement par année relative à l’inscription1 ko
note-de-methode.mdNote de méthode complète19 ko
Citation
Fonciris (2026), « Trait de côte : le front de mer paie-t-il l’érosion ? », version 1.0, ventes DVF 2021-2025, indicateur national de l’érosion côtière et liste des communes « trait de côte ». Licence Ouverte 2.0. https://fonciris.fr/donnees/trait-de-cote

Sources

Ventes immobilièresDVF géolocalisées, DGFiP et Etalab, publication d’avril 2026
ÉrosionCerema, indicateur national de l’érosion côtière (2018) et nature de la côte (2019), Géolittoral
Communes inscritesMinistère de la Transition écologique, liste publiée sur data.gouv.fr, décrets de 2022 à 2026
Cadre juridiqueLoi n° 2021-1104 du 22 août 2021 ; ordonnance n° 2022-489 du 6 avril 2022

Données publiques sous licence Etalab 2.0. Mise à jour le 13 octobre 2026. Méthodologie

Questions fréquentes

Un logement près d’une côte qui recule vaut-il moins cher ?

Pas de façon mesurable : de 2021 à 2025, à distance égale de la mer et dans la même section cadastrale, les logements proches d’un rivage en recul selon l’indicateur du Cerema se sont vendus −0,1 % (intervalle −3,7 % à +3,7 %) par rapport à ceux proches d’un rivage stable. L’estimation est imprécise pour les rivages en fort recul (−13,0 % à +6,1 %), et ces rivages sont souvent des plages, dont l’attrait peut masquer la menace.

L’inscription d’une commune sur la liste « trait de côte » fait-elle baisser les prix ?

Pas de façon mesurable jusqu’ici : après l’inscription, l’écart de prix entre les logements à moins de 200 m du rivage et ceux plus éloignés de la même commune a varié de −0,3 % (intervalle −2,2 % à +1,6 %) par rapport aux communes littorales jamais inscrites. L’inscription engage une procédure de plusieurs années ; les effets sur les logements existants passent par la carte locale d’exposition, une fois adoptée.

Comment savoir si un logement est exposé au recul du trait de côte ?

Quand la commune a adopté sa carte locale d’exposition, l’état des risques remis à l’acheteur indique si le bien est dans une zone exposée à 30 ans ou à 100 ans. L’indicateur national de l’érosion côtière du Cerema, consultable sur Géolittoral et Géorisques, donne la tendance passée du rivage.

Puis-je réutiliser ces données ?

Oui, sous Licence Ouverte 2.0 (Etalab). Citez « Fonciris, Trait de côte : le front de mer paie-t-il l’érosion ?, version 1.0 » avec un lien vers cette page.

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