Après la crue : le marché immobilier oublie-t-il les inondations ?

Risques et prixSources : DVF, directive inondation, GASPAR

Nous avons situé 1 902 268 ventes de logements de 2021 à 2025 sur les cartes des surfaces inondables des 110 territoires à risque important d’inondation de métropole, puis suivi leurs prix avant et après les inondations reconnues catastrophe naturelle.

10,3 %Des logements vendus dans ces territoires sont en zone inondable (crue moyenne ou submersion)Crue de période de retour de 100 à 300 ans
−2,4 %Écart de prix d’une maison en zone inondable, à emplacement comparableIntervalle −3,4 % à −1,5 % ; appartements −0,2 %
−1,4 %Prix de l’ensemble des communes touchées, par rapport aux communes non touchées du départementIntervalle −2,9 % à +0,1 %, à confirmer
−0,5 %Variation de l’écart après une inondation reconnue catastrophe naturelle dans la communeIntervalle −2,1 % à +1,2 %

Les maisons en zone inondable se vendent un peu moins cher

À emplacement comparable (même section cadastrale ; même commune et même trimestre), une maison en zone inondable se vend −2,4 % par rapport à une maison hors zone. Les cartes, au 1/25 000, classent mal les parcelles proches d’une limite, ce qui rapproche l’écart de zéro. Entre les deux extrémités (maison inondable dès une crue fréquente, maison hors de toute surface inondable, même extrême), l’écart est de −5,2 % ; seules les sections contenant les deux y contribuent, souvent des bords de rivière, et cette comparaison mêle le risque et la proximité de l’eau. Pour les appartements, l’écart ne se distingue pas de zéro.

ComparaisonLogementsÉcart de prixIntervalle à 95 %Ventes en zone
Zone inondable / hors zoneTous−1,0 %−1,8 % à −0,2 %93 315
Maisons−2,4 %−3,4 % à −1,5 %33 717
Appartements−0,2 %−1,2 % à +0,9 %59 598
Crue fréquente / resteTous−1,3 %−2,6 % à −0,01 %12 445
Extrémités : crue fréquente / hors zone extrêmeTous−2,4 %−3,7 % à −1,1 %12 445
Maisons−5,2 %−7,2 % à −3,1 %6 225
Appartements−1,4 %−3,9 % à +1,1 %6 220

Ventes des communes sans inondation reconnue de 2019 à 2025 et des communes touchées avant l’épisode. Zone inondable : crue de période de retour de 100 à 300 ans ou submersion marine ; crue fréquente : 10 à 30 ans ; zone extrême : au moins 1 000 ans. Les données de vente ne disent pas à quel étage se trouve un appartement.

Après une inondation, aucun creusement de l’écart n’est détecté

542 communes de ces territoires ont connu entre avril 2021 et décembre 2024 leur première inondation reconnue catastrophe naturelle depuis 2019. Par rapport aux 1 498 communes sans inondation reconnue de 2019 à 2025, l’écart entre logements en zone inondable et hors zone y a varié de −0,5 % (−2,1 % à +1,2 %). Cette moyenne repose à 71 % sur les épisodes de 2021, dont l’évolution antérieure ne peut pas être vérifiée faute de ventes plus anciennes ; pour ceux de 2022, l’hypothèse d’évolutions parallèles avant l’épisode est rejetée (p = 0,04). Sur les seuls épisodes de 2023 et 2024 : −0,3 % (−2,4 % à +1,8 %). Une baisse allant jusqu’à 2 % environ ne peut pas être exclue.

−4 %−3 %−2 %−1 %0 %+1 %+2 %+3 %Épisodes de 2021Épisodes de 2022Épisodes de 2023Épisodes de 2024Toutes annéesÉpisodes de 2023 et 2024
Variation de l’écart de prix entre zone inondable et hors zone après l’épisode, par année d’épisode. Traits : intervalle de confiance à 95 %.
Année de l’épisodeCommunesVentes en zone aprèsZone inondableIntervalleTest avant (p)
202122529 276−0,4 %−1,7 % à +0,9 %0,59
2022518 966−0,8 %−3,3 % à +1,8 %0,04
20231181 976−0,5 %−2,5 % à +1,7 %0,13
20241481 178−0,1 %−2,2 % à +2,1 %0,06

« Test avant » : test joint de nullité des écarts semestriels antérieurs à l’épisode ; une valeur faible signale une évolution déjà en cours avant l’épisode. Les ventes commençant en 2021, la cohorte 2021 n’a qu’un semestre antérieur estimable. Les ventes des trois mois suivant le début de l’épisode, dont le prix a pu être convenu avant, sont écartées. 81 % des ventes en zone inondable postérieures à un épisode suivent un épisode débuté entre mai et septembre ; une reconnaissance couvre aussi bien une crue qu’un ruissellement de pluie intense, qui ne suit pas forcément les surfaces cartographiées.

Pour la commune entière, un léger recul n’est pas exclu

Les prix de l’ensemble des communes touchées évoluent de −1,4 % (−2,9 % à +0,1 %) par rapport aux communes non touchées du même département ; pour les épisodes de 2023 et 2024, de −0,6 % (−2,2 % à +1,1 %). Ce résultat, fragile, demande confirmation.

−4 %−3 %−2 %−1 %0 %+1 %+2 %Épisodes de 2021Épisodes de 2022Épisodes de 2023Épisodes de 2024Toutes annéesÉpisodes de 2023 et 2024
Prix de l’ensemble des communes touchées après l’épisode, par rapport aux communes témoins du même département. Traits : intervalle de confiance à 95 %.

La comparaison suppose que, sans l’inondation, les prix des communes touchées auraient évolué comme ceux des communes témoins du même département ; dans plusieurs départements, ces témoins sont peu nombreux. Semestre par semestre, le recul apparaît progressivement, ce qui peut aussi refléter des dégâts, des primes d’assurance ou des évolutions propres à ces communes. Le détail par semestre est dans les fichiers.

Aucune évolution mesurée après l’information renforcée de 2023

Depuis le 1er janvier 2023 (décret n° 2022-1289), l’état des risques doit être remis dès la première visite et les annonces renvoient à Géorisques. Dans les communes non touchées par une inondation, l’écart de prix de la zone inondable a varié de +0,3 % en 2023-2025 par rapport à 2021-2022 (−0,4 % à +1,1 %). La réforme étant nationale, c’est un simple suivi, sans groupe de comparaison ; et l’état des risques signale les plans de prévention, pas les surfaces cartographiées ici.

AnnéeÉcart (réf. 2022)IntervalleVentes en zone
2021−0,1 %−0,9 % à +0,7 %18 074
20230,0 %−0,8 % à +0,9 %14 287
2024+0,3 %−0,4 % à +1,1 %12 874
2025+0,5 %−0,4 % à +1,4 %14 768
2023-2025 (réf. 2021-2022)+0,3 %−0,4 % à +1,1 %41 929
Avril 2023-2025 (réf. 2021-2022)+0,4 %−0,4 % à +1,1 %38 324

Méthode

Ventes et zones. Ventes d’un seul logement de 2021 à 2025 (DVF), situées par le centroïde de leur parcelle, dans le périmètre d’un territoire à risque important d’inondation. Zone inondable : surface inondable du scénario moyen (crue de période de retour de 100 à 300 ans) par débordement de cours d’eau ou submersion marine, cartographie de 2020.

Inondations. Épisodes reconnus catastrophe naturelle au titre des inondations et coulées de boue, des remontées de nappe et de l’action des vagues (base GASPAR). Commune touchée : premier épisode reconnu depuis 2019 débutant entre avril 2021 et décembre 2024. Commune témoin : aucun épisode reconnu de 2019 à 2025. Les autres communes sont écartées.

Comparaison. Triple différence par année d’épisode : variation, après l’épisode, de l’écart de prix entre zone inondable et hors zone dans les communes touchées, par rapport à la même variation dans les communes témoins. Effets fixes de section cadastrale, de commune et trimestre, de zone et commune, de zone et trimestre ; caractéristiques du logement. Chaque cohorte n’est comparée qu’aux communes jamais touchées. Écarts-types groupés par commune ; agrégation prudente des cohortes, qui partagent les mêmes témoins. Études d’événement par semestre et test joint des écarts antérieurs à l’épisode.

Limites

  • Nature des épisodes. Une reconnaissance couvre débordements, ruissellement, coulées de boue, remontées de nappe et submersions, sans dire quelles rues ont été inondées. Une grande crue qui atteindrait la zone cartographiée pourrait avoir un effet que ces moyennes diluent.
  • Recul. Les ventes commencent en 2021 et s’arrêtent fin 2025 : la tendance antérieure aux épisodes de 2021 ne peut pas être vérifiée, et on n’observe qu’un an après les épisodes de 2024.
  • Champ. Territoires à risque important d’inondation de métropole, surtout urbains, hors Alsace et Moselle. Une commune est traitée d’un bloc : Lyon est touchée, Paris est témoin.
  • Cartes au 1/25 000. Le centroïde de la parcelle situe mal les grandes parcelles ; près d’une limite, le classement est incertain et les écarts de niveau sont sous-estimés.

Télécharger les données

Fichiers CSV en UTF-8, séparateur virgule, point décimal. Licence Ouverte 2.0 (Etalab). La note de méthode décrit chaque colonne, chaque étape et les contrôles.

FichierContenuTaille
crue_niveau.csvÉcart de prix en zone inondable, par type de logement et comparaison1 ko
crue_cohortes.csvAprès une inondation : triple différence, effet sur la commune et tests, par cohorte1 ko
crue_sensibilite_cohortes.csvSensibilité par cohorte : écarts-types par département, sans Toulouse, Nîmes ou Tours2 ko
crue_variantes.csvVariantes en une seule régression1 ko
crue_etude_evenement.csvÉtudes d’événement par cohorte et semestre, zone inondable et commune entière6 ko
crue_information.csvÉcart de la zone inondable par période, avant et après l’information renforcée de 20231 ko
note-de-methode.mdNote de méthode complète22 ko
Citation
Fonciris (2026), « Après la crue : le marché immobilier oublie-t-il les inondations ? », version 1.0, ventes DVF 2021-2025, surfaces inondables des TRI et arrêtés de catastrophe naturelle. Licence Ouverte 2.0. https://fonciris.fr/donnees/apres-la-crue

Sources

Ventes immobilièresDVF géolocalisées, DGFiP et Etalab, publication d’avril 2026
Surfaces inondablesDirective inondation, cartographie des territoires à risque important d’inondation (2020), Géorisques
Catastrophes naturellesBase GASPAR, extraction du 5 octobre 2026
Information des acquéreursDécret n° 2022-1289 du 1er octobre 2022
CommunesInsee, géographie au 1er janvier 2026

Données publiques sous licence Etalab 2.0. Mise à jour le 13 octobre 2026. Méthodologie

Questions fréquentes

Un logement en zone inondable vaut-il moins cher ?

Une maison, oui, un peu : dans les territoires à risque important d’inondation, à emplacement comparable, une maison en zone inondable s’est vendue −2,4 % (intervalle −3,4 % à −1,5 %) par rapport à une maison hors zone de 2021 à 2025, et −5,2 % entre les deux extrémités (inondable dès une crue fréquente, ou hors de toute surface inondable), une comparaison qui mêle toutefois le risque et la proximité de la rivière. Pour les appartements, l’écart ne se distingue pas de zéro (−0,2 %) ; les données de vente ne disent pas à quel étage ils se trouvent.

Les prix baissent-ils après une inondation ?

Aucun creusement de l’écart entre logements en zone inondable et hors zone n’est détecté après une inondation reconnue catastrophe naturelle dans la commune (−0,5 %, intervalle −2,1 % à +1,2 %), mais une baisse allant jusqu’à 2 % environ ne peut pas être exclue. Pour l’ensemble de la commune, un léger recul par rapport aux communes non touchées du même département n’est pas exclu (−1,4 %, intervalle −2,9 % à +0,1 %) : ce résultat, fragile, demande confirmation.

Comment savoir si un logement est en zone inondable ?

L’état des risques, remis par le vendeur ou le bailleur dès la première visite depuis le 1er janvier 2023, indique si le bien est dans le périmètre d’un plan de prévention des risques d’inondation. L’adresse peut aussi être vérifiée sur Géorisques, qui publie les surfaces inondables des territoires à risque important d’inondation.

Puis-je réutiliser ces données ?

Oui, sous Licence Ouverte 2.0 (Etalab). Citez « Fonciris, Après la crue : le marché immobilier oublie-t-il les inondations ?, version 1.0 » avec un lien vers cette page.

Une erreur ? Les corrections sont publiées dans une nouvelle version datée, la précédente reste téléchargeable. Nous écrire.