Les DPE au ras du seuil

ÉnergieSource : ADEME

La consommation calculée par un DPE n’a aucune raison de changer brutalement à 250, 330 ou 420 kWh/m²/an. Pourtant, sur 10 565 231 DPE de logement individuel établis en France métropolitaine depuis novembre 2021, leur nombre chute exactement à ces frontières, qui séparent les étiquettes D, E, F et G.

2,8 foisMoins de DPE juste au-dessus de la frontière E/F qu’en dessousFenêtres de 20 kWh de part et d’autre
2,3 foisMoins de DPE juste au-dessus de la frontière F/GFrontière D/E : 1,9 fois ; C/D : rupture faible
23 à 28DPE en excès pour 100 DPE situés dans les 10 kWh sous les frontièresLogements tout électriques, 2021-2025, frontières D/E, E/F, F/G
Janvier 2026La rupture suit le nouveau coefficient de l’électricité le mois mêmeLogements tout électriques

Une chute exactement aux frontières

Logements tout électriques : nombre de DPE selon leur écart à la frontière E/F, par tranche de 5 kWh/m²/an. En couleur, les DPE du côté favorable.

020 00040 00060 00080 000−60−40−200+20+40
Logements tout électriques, DPE de logement individuel, novembre 2021 à septembre 2026, par tranche de 5 kWh/m²/an d’écart à la frontière E/F en vigueur le jour du diagnostic (330 kWh/m²/an pour un logement de 40 m² ou plus, au coefficient de l’électricité en vigueur).
Frontière20 kWh sous la frontière20 kWh au-dessusRapportIntervalle à 95 %Tout électrique : rapportExcès, pour 100
C/D (180 kWh)796 014774 0200,970,95 à 1,000,996
D/E (250 kWh)986 234521 5780,530,51 à 0,550,5024
E/F (330 kWh)586 669207 5880,350,34 à 0,360,3228
F/G (420 kWh)205 16188 3270,430,41 à 0,450,3723

DPE de logement individuel, novembre 2021 à septembre 2026. Rapport : DPE des 20 kWh au-dessus de la frontière (ou l’équivalent en kg quand les émissions décident) divisés par ceux des 20 kWh en dessous ; sans réaction à l’étiquette, il serait proche de 1 (de 0,88 à 0,99 en milieu de classe). Intervalle : bootstrap des départements. Excès : DPE des 10 kWh sous la frontière au-delà de la tendance de la distribution, pour 100 DPE de cette zone, logements tout électriques, novembre 2021 à décembre 2025. La frontière C/D, qui ne conditionne ni la location ni l’audit, sert de comparaison : la rupture y est faible.

05 00010 00015 00020 00025 000−60−40−200+20+40
Logements tout électriques, DPE de logement individuel, novembre 2021 à septembre 2026, par tranche de 5 kWh/m²/an d’écart à la frontière F/G en vigueur le jour du diagnostic (420 kWh/m²/an pour un logement de 40 m² ou plus, au coefficient de l’électricité en vigueur).

Quand la frontière bouge, la rupture la suit

Le 1er janvier 2026, le coefficient de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 : pour un logement tout électrique, les frontières ont changé de place sur l’échelle de consommation. La rupture s’est déplacée avec elles.

0,000,250,500,751,00janv. 25avr. 25juil. 25oct. 25janv. 26avr. 26juil. 26
Frontières au coefficient 2,3Frontières au coefficient 1,9Rapport entre les DPE des 10 kWh au-dessus et des 10 kWh sous les frontières D/E, E/F et F/G, logements de 40 m² ou plus. Un rapport de 1 signifie l’absence de rupture.
FrontièreTout électrique, coefficient en vigueurAutre coefficientMoins de 40 m², seuils en vigueurAutre règle
D/E0,420,970,530,98
E/F0,251,000,270,94
F/G0,320,930,300,93

Rapport de densité, fenêtres de 10 kWh. Depuis le 1er juillet 2024, les logements de moins de 40 m² ont leurs propres seuils ; la rupture suit ceux en vigueur à la date du diagnostic. Dès l’automne 2025, elle s’amorçait aux frontières du coefficient 1,9 : un DPE en cours de validité au 1er janvier 2026 peut obtenir gratuitement une attestation à la nouvelle étiquette sur l’observatoire de l’ADEME. Une caractéristique physique des logements ne changerait pas de place avec un arrêté.

Depuis 2021, une rupture qui ne disparaît pas

Rapport de densité par semestre de diagnostic. Plus il est bas, plus la rupture est forte.

SemestreC/DD/EE/FF/G
2021, 2e semestre (nov.-déc.)1,090,700,480,50
2022, 1er semestre1,070,640,410,44
2022, 2e semestre1,050,610,380,42
2023, 1er semestre1,000,600,300,44
2023, 2e semestre1,000,580,280,45
2024, 1er semestre0,980,550,280,43
2024, 2e semestre0,940,500,310,43
2025, 1er semestre0,940,400,380,38
2025, 2e semestre0,910,430,410,40
2026, 1er semestre0,920,480,490,46
2026, 2e semestre (juil.-sept.)0,880,470,480,47

Logements tout électriques : l’excès de DPE dans les 10 kWh sous les frontières D/E, E/F et F/G représente de 2,6 à 3,3 % de leurs DPE par an de 2022 à 2025 ; il n’est pas estimé pour 2026, Cep étant désormais publié arrondi au kWh. Le coefficient passera à 1,7 au 1er janvier 2027 : les frontières bougeront de nouveau. Plusieurs mesures du plan de fiabilisation du DPE annoncé en mars 2025 sont entrées en vigueur entre septembre 2025 et mars 2026, en même temps que le nouveau coefficient : les données ne permettent pas d’isoler leur effet.

Tous les logements, toutes les énergies

Rapport de densité selon le type de logement, l’énergie de chauffage et la méthode du DPE, novembre 2021 à septembre 2026.

DPED/EE/FF/G
Maisons0,490,380,52
Appartements0,560,340,36
Chauffage électrique0,490,320,38
Gaz0,580,380,41
Fioul0,700,490,59
Bois0,370,320,54
Logement diagnostiqué seul0,530,350,43
Appartement généré à partir du DPE de l’immeuble0,730,560,53

Partout en France

Dans chacun des 90 départements aux effectifs suffisants, le rapport de densité est au plus de 0,72 aux trois frontières. Les écarts entre départements sont faibles au regard de l’ampleur de la rupture.

DépartementD/EE/FF/GPart des DPE tout électriques
Ain (01)0,520,360,4545 %
Aisne (02)0,580,320,4938 %
Allier (03)0,630,430,5335 %
Alpes-de-Haute-Provence (04)0,540,350,3760 %
Hautes-Alpes (05)0,580,35–49 %
Alpes-Maritimes (06)0,520,400,4647 %
Ardèche (07)0,530,380,5245 %
Ardennes (08)0,480,300,4725 %
Ariège (09)0,520,400,5741 %
Aube (10)0,570,380,4943 %
Aude (11)0,450,32–64 %
Aveyron (12)0,520,350,5240 %
Bouches-du-Rhône (13)0,480,360,3961 %
Calvados (14)0,570,330,4048 %
Cantal (15)0,580,380,5135 %
Charente (16)0,490,370,4939 %
Charente-Maritime (17)0,490,370,4659 %
Cher (18)0,560,370,5140 %
Corrèze (19)0,540,360,5237 %
Côte-d’Or (21)0,580,400,4836 %
Côtes-d’Armor (22)0,550,410,5347 %
Creuse (23)0,600,400,5331 %
Dordogne (24)0,530,420,5437 %
Doubs (25)0,550,340,4233 %
Drôme (26)0,490,350,4543 %
Eure (27)0,550,320,4442 %
Eure-et-Loir (28)0,540,340,4445 %
Finistère (29)0,530,380,5447 %
Corse-du-Sud (2A)0,600,44–74 %
Haute-Corse (2B)0,510,37–72 %
Gard (30)0,500,390,4655 %
Haute-Garonne (31)0,440,330,4252 %
Gers (32)0,430,310,4446 %
Gironde (33)0,450,360,4255 %
Hérault (34)0,550,410,4268 %
Ille-et-Vilaine (35)0,490,330,4251 %
Indre (36)0,630,350,5442 %
Indre-et-Loire (37)0,500,380,4744 %
Isère (38)0,490,320,4148 %
Jura (39)0,590,430,5129 %
Landes (40)0,490,420,5253 %
Loir-et-Cher (41)0,540,360,4843 %
Loire (42)0,450,280,4134 %
Haute-Loire (43)0,500,320,4538 %
Loire-Atlantique (44)0,490,380,4553 %
Loiret (45)0,520,340,4547 %
Lot (46)0,520,360,5935 %
Lot-et-Garonne (47)0,500,400,4942 %
Lozère (48)0,54––46 %
Maine-et-Loire (49)0,500,390,5151 %
Manche (50)0,590,420,6252 %
Marne (51)0,590,370,4641 %
Haute-Marne (52)0,430,320,5129 %
Mayenne (53)0,480,410,4647 %
Meurthe-et-Moselle (54)0,490,300,4136 %
Meuse (55)0,510,320,5632 %
Morbihan (56)0,520,360,5150 %
Moselle (57)0,500,350,4325 %
Nièvre (58)0,610,360,5035 %
Nord (59)0,500,320,3837 %
Oise (60)0,560,290,4345 %
Orne (61)0,620,420,5139 %
Pas-de-Calais (62)0,580,380,4631 %
Puy-de-Dôme (63)0,550,350,4640 %
Pyrénées-Atlantiques (64)0,470,390,4147 %
Hautes-Pyrénées (65)0,470,330,3947 %
Pyrénées-Orientales (66)0,580,440,4664 %
Bas-Rhin (67)0,510,360,4538 %
Haut-Rhin (68)0,530,330,3827 %
Rhône (69)0,500,330,3750 %
Haute-Saône (70)0,420,270,4821 %
Saône-et-Loire (71)0,610,410,5030 %
Sarthe (72)0,500,330,5342 %
Savoie (73)0,520,360,4343 %
Haute-Savoie (74)0,580,360,4044 %
Paris (75)0,720,390,3752 %
Seine-Maritime (76)0,530,320,4346 %
Seine-et-Marne (77)0,500,320,4351 %
Yvelines (78)0,520,290,3739 %
Deux-Sèvres (79)0,450,310,4242 %
Somme (80)0,500,340,5343 %
Tarn (81)0,440,380,5245 %
Tarn-et-Garonne (82)0,470,390,5350 %
Var (83)0,520,390,4664 %
Vaucluse (84)0,460,360,4158 %
Vendée (85)0,480,360,4855 %
Vienne (86)0,530,350,4851 %
Haute-Vienne (87)0,520,360,5436 %
Vosges (88)0,590,420,6231 %
Yonne (89)0,490,360,5240 %
Territoire de Belfort (90)0,490,35–31 %
Essonne (91)0,510,300,3844 %
Hauts-de-Seine (92)0,610,350,3838 %
Seine-Saint-Denis (93)0,590,320,3445 %
Val-de-Marne (94)0,580,330,3540 %
Val-d’Oise (95)0,480,280,3443 %

Rapport de densité, novembre 2021 à septembre 2026. « – » : moins de 200 DPE d’un côté de la frontière. Les intervalles (dans le fichier) ne traduisent que l’aléa d’échantillonnage et ne permettent pas de classer finement les départements. Résultats agrégés au département : aucun diagnostiqueur n’est identifiable.

Méthode

Consommation à la date du diagnostic. L’ADEME publie la consommation des DPE établis avant 2026 recalculée avec le coefficient 1,9 de l’électricité. L’étiquette remise au propriétaire avait été calculée avec 2,3 : la consommation d’origine est reconstituée à partir de l’énergie électrique. Elle concorde à 1 % + 0,5 kWh près avec la somme des consommations par usage, restées au coefficient d’origine, pour 96,9 % des DPE, et les résultats sont identiques avec l’une ou l’autre.

Écart à la frontière. L’étiquette est la plus mauvaise des classes de consommation et d’émissions. Chaque DPE est rattaché à la grandeur la plus proche de le faire basculer et compté en kWh ou en kg d’écart à son seuil, sans retirer aucun DPE selon ses émissions ; les fenêtres en kg contiennent le même nombre de valeurs entières de part et d’autre. Les seuils sont ceux en vigueur le jour du diagnostic, y compris ceux des logements de moins de 40 m² depuis juillet 2024. Les logements de montagne (au-dessus de 800 m), aux seuils propres, sont exclus.

Mesures. Le rapport de densité compare les DPE des 20 kWh au-dessus et en dessous de la frontière, à la manière d’un test de continuité. Pour les logements tout électriques, dont les émissions ne décident jamais de l’étiquette, deux régressions de part et d’autre mesurent en plus l’excès local dans les 10 kWh sous la frontière, comme le Conseil d’analyse économique en 2024, sur les DPE établis avant 2026. Intervalles nationaux par bootstrap des départements.

Limites

  • Pas de diagnostic individuel. Les ruptures disent que les consommations réagissent à l’étiquette, pas pourquoi, ni pour quel DPE. Elles ne prouvent aucune fraude.
  • Pas de compte de logements déplacés. Les classes E, F et G sont moins peuplées sur toute leur largeur ; ce changement de niveau ne se convertit pas en nombre de logements sans hypothèse invérifiable. Seul l’excès local est chiffré.
  • Base de l’ADEME. Elle contient les DPE enregistrés, pas le parc. Un DPE remplacé par un nouveau disparaît de la base, ce qui empêche de voir l’étiquette d’origine.

Télécharger les données

Fichiers CSV en UTF-8, séparateur virgule, point décimal. Licence Ouverte 2.0 (Etalab). La note de méthode décrit chaque colonne, chaque étape et les contrôles.

FichierContenuTaille
seuils_france.csvRupture à chaque frontière d’étiquette, France, novembre 2021 à septembre 20262 ko
seuils_semestres.csvRupture par frontière et par semestre7 ko
seuils_segments.csvRupture par type de logement, énergie de chauffage et méthode du DPE3 ko
seuils_departements.csvRupture par département aux frontières D/E, E/F et F/G13 ko
controles.csvContrôles : milieu de classe, autre coefficient, autre règle de surface2 ko
experience_coefficient_mensuelle.csvLogements tout électriques, mois par mois, 2025-20262 ko
accumulation_par_annee.csvAccumulation locale sous les frontières, logements tout électriques, par année1 ko
remplacements.csvPart des DPE remplaçant un DPE antérieur1 ko
sensibilite.csvSensibilité à la fenêtre et à la variable de consommation2 ko
note-de-methode.mdNote de méthode complète23 ko
Citation
Fonciris (2026), « Les DPE au ras du seuil », version 1.0, base des DPE de l’ADEME du 7 octobre 2026. Licence Ouverte 2.0. https://fonciris.fr/donnees/dpe-au-ras-du-seuil

Sources

Diagnostics de performance énergétiqueADEME, base des DPE de logements existants, mise à jour du 7 octobre 2026
Seuils et coefficientsArrêtés du 31 mars 2021, du 25 mars 2024 et du 13 août 2025
Étude de référenceConseil d’analyse économique, Focus n° 105, juin 2024
DépartementsInsee, géographie au 1er janvier 2026

Données publiques sous licence Etalab 2.0. Mise à jour le 13 octobre 2026. Méthodologie

Questions fréquentes

Les DPE sont-ils truqués ?

Ces données ne permettent pas de le dire pour un DPE donné. Elles montrent que les consommations calculées se concentrent du côté favorable des frontières d’étiquette, et que cette concentration suit les règles en vigueur. Plusieurs mécanismes y conduisent, légitimes ou non : justificatifs recherchés en priorité quand le logement est proche d’une frontière, hypothèses favorables là où la méthode laisse une marge, petits travaux avant le diagnostic, nouveau diagnostic après un premier résultat défavorable.

Comment savoir si mon DPE est concerné ?

Un DPE situé à quelques kWh sous une frontière n’est pas suspect en soi. Vérifiez qu’il figure dans l’observatoire de l’ADEME, que le diagnostiqueur est certifié, et que les éléments déclarés (isolation, équipements, surface) correspondent au logement. En cas de doute, un second diagnostic par un autre professionnel est possible.

Pourquoi la frontière C/D est-elle moins concernée ?

L’étiquette C ou D ne change ni le droit de louer ni l’obligation d’audit à la vente. Les frontières D/E, E/F et F/G, elles, déterminent l’audit énergétique obligatoire à la vente d’une maison ou d’un immeuble en monopropriété (classes E, F et G), le gel des loyers (F et G depuis août 2022) et le calendrier d’interdiction de location (G depuis 2025, F en 2028, E en 2034).

Puis-je réutiliser ces données ?

Oui, sous Licence Ouverte 2.0 (Etalab). Citez « Fonciris, Les DPE au ras du seuil, version 1.0 » avec un lien vers cette page.

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